La formation peut-elle vraiment sauver l’emploi en France ?

8.1% : voici le taux de chômage en France à l’entame de cette nouvelle décennie, un chiffre en baisse par rapport à 2019. Si cette amélioration se doit d’être soulignée, l’importance donnée à la formation, symbolisée par les nombreuses réformes actuelles, est-elle réellement la clé pour sauver l’emploi en France ?

Réformes formations professionnelles : la réponse adéquate au chômage ?

L’objectif du Ministère du Travail sous la présidence d’Emmanuel Macron est clair : réduire le chômage en incitant les individus à se former. En effet, les nombreuses réformes mises en place depuis le début du quinquennat symbolisent de manière explicite la volonté d’utiliser les formations professionnelles comme arme principale dans la lutte contre le chômage. Dans un premier temps, il convient de mettre le doigt sur celles-ci, afin de mieux comprendre les ambitions gouvernementales en matière d’emploi.

Incarnations de ces mesures d’incitation à la formation professionnelle, les dispositifs d’apprentissage et de professionnalisation en centre de formation ont été remodelés ou élargis. La création du Dispositif Pro-A permet d’effectuer un parcours en alternance tout en conservant son CDI, dans le but d’être promu ou de procéder à une reconversion. Aussi, les contrats d’apprentissage, sont maintenant accessibles aux individus jusqu’à leurs 29 ans, soit 4 ans de plus que dans le passé. La rémunération a également été revue à la hausse pour les jeunes apprentis, de quoi les pousser à choisir la formation professionnelle plutôt qu’un cursus en initial.

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Avec le déploiement du conseil en évolution professionnelle, qui sera maintenant ouvert à de nouveaux opérateurs régionaux, et du CPF de transition professionnelle, les possibilités de reconversion sont multipliées, entraînant ainsi une potentielle réduction de la période d’inactivité des personnes souhaitant changer de voie. Mais la réforme la plus médiatisée concerne le fameux Compte Personnel de Formation, plus connu sous son sigle « CPF ». Si ce dernier a été mis en vigueur en 2015, le gouvernement actuel à procéder à des transformations, le faisant passer en euros. Chaque actif cumule aujourd’hui au minimum 500€ par an. Cependant, cette ressource n’est utilisable que pour les formations certifiantes, possible incohérence, dans un marché où les entreprises privilégient plutôt les compétences aux diplômes …

Des formations certifiantes en perte d’adéquation avec les besoins du marché

La formation peut-elle vraiment sauver l’emploi en France ?
La formation peut-elle vraiment sauver l’emploi en France ?

Au travers des transformations en faveur du CPF, le Ministère du Travail démontre une nouvelle fois sa volonté de privilégier les formations certifiantes, et l’obtention de diplômes. Si l’intention semble bonne, la course aux diplômes et aux certifications fait de moins en moins sens, sur un marché où les entreprises favorisent les compétences et les expériences professionnelles.

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En effet, si la France semble encore entêtée à croire que les diplômes sont gages de compétences, les entreprises, sûrement influencées par un modèle anglo-saxon qui privilégie le mérite aux lignes sur la partie « formations » du CV, semblent changer la donne. De quoi créer une opposition dans un système où les diplômes et certifications ont toujours été la clé pour développer sa carrière.

De plus, les réformes effectuées par le Ministère du Travail mettent de côté plusieurs types de formations, qui ne bénéficient pas des nombreuses aides accordées. Par exemple, certains programmes en savoir-être ou développement personnel, qui pourraient pourtant permettre d’acquérir un certain nombre de compétences avant d’intégrer le monde du travail, sont totalement reniées par le pouvoir en place.

La préparation opérationnelle à l’emploi (POE) : une solution qui fonctionne ?

La formation peut-elle vraiment sauver l’emploi en France ?
La formation peut-elle vraiment sauver l’emploi en France ?

Dans cette atmosphère de « collision diplômes/compétences » (bien qu’ils ne soient évidemment pas incompatibles), la préparation opérationnelle à l’emploi, simplifiée sous le sigle de POE, semble tirer son épingle du jeu. Ce dispositif, qui s’adresse exclusivement aux demandeurs d’emplois inscrits au Pôle Emploi, permet de les préparer, via une formation pouvant atteindre 400 heures, à une prise de poste. La formation est effectuée par l’employeur, qui n’a rien à débourser, l’apprenti percevant une rémunération au titre de l’aide au retour à l’emploi-formation.

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Ce dispositif, mis en place bien avant l’introduction d’Emmanuel Macron comme président de la République, offre des résultats satisfaisants. Il permet de répondre aux besoins des employeurs, qui peuvent former sans frais les individus à un poste bien précis, et aux compétences nécessaires à celui-ci, ainsi qu’aux attentes des demandeurs d’emplois, qui bénéficient d’un salaire tout en se formant. Une solution qui semble fonctionner depuis son introduction, et qui donne l’espoir d’une réduction du taux de chômage dans les prochaines années.

Affirmer que la formation est la réponse salvatrice pour l’emploi en France constitue une approche beaucoup trop micro-économique, d’autres facteurs entrant évidemment en jeu. Cependant, les réformes et dispositifs de formations s’accumulent dans l’Hexagone et contribuent certainement à cette embellie. Plus encore, l’importance grandissante qu’accordent les recruteurs aux compétences engendre naturellement une dévalorisation partielle des diplômes, et avec elle, un besoin accru en formation professionnalisante.

 

 

 

 

 

 

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